GENÈVE, le 28 février 2025. À l'occasion de la 58e session du Conseil des droits de l'homme, le Réseau international des droits de l'homme en Europe (RIDHE) et RedProdePaz Nicaragua ont dénoncé la persistance de la politique de l'État qui menace la liberté académique et l'autonomie des universités au Nicaragua. En 2025, les deux organisations ont documenté une augmentation de l'endoctrinement politique institutionnalisé au sein des universités du pays, une situation qui s'est aggravée en raison de l'ingérence de l'exécutif par l'intermédiaire du Conseil national des universités et de la mise en œuvre de réformes qui ont supprimé leur autonomie.
Cette crise s'est aggravée avec la récente réforme constitutionnelle promue par l'exécutif et approuvée par l'Assemblée nationale, qui subordonne les droits fondamentaux aux prétendues « valeurs suprêmes de paix et de sécurité ». Ces concepts, ambigus et sujets à une interprétation arbitraire, ont été utilisés pour justifier des violations systématiques des droits de l'homme. En conséquence, la production et la diffusion de connaissances critiques dans le cadre de la liberté universitaire risquent d'être complètement supprimées.
L'un des aspects les plus inquiétants de cette réforme est la criminalisation de ceux qui font la promotion de « l'ingérence étrangère », les qualifiant de « traîtres à la patrie » et les exposant à la perte arbitraire de leur nationalité. Cette mesure représente une grave menace pour les étudiants, les universitaires, les défenseurs des droits humains et les autres détracteurs du gouvernement qui participent à des instances internationales. Il convient de rappeler que plus de 200 Nicaraguayens ont été déchus de leur nationalité pour des motifs similaires.
En outre, ces réformes constitutionnelles ont suscité de graves inquiétudes quant au respect de l'État de droit et des droits des groupes vulnérables, notamment la communauté LGBTIQ+ et les peuples autochtones, qui sont déjà victimes de discrimination et de représailles au Nicaragua.
Face à cette situation, nous exhortons la communauté internationale à condamner ces violations et exigeons que l'État du Nicaragua respecte ses obligations internationales dans le domaine des droits de l'homme. Nous demandons également le renouvellement du mandat du Groupe d'experts sur les droits de l'homme sur le Nicaragua et la préparation de rapports périodiques par le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, afin de documenter et de rendre visibles ces violations et de rechercher des mécanismes de responsabilisation pour les responsables.